Psychologie commerciale / management

Le vrai problème de votre équipe n’est presque jamais la motivation

Laurent SerreLaurent Serre
6 min de lecture
Débrief commercial lucide entre un manager et un commercial dans une PME française

Quand une équipe commerciale cale, le mot motivation arrive très vite. Et très souvent, il arrive à la place du vrai diagnostic.

Je vois souvent la même scène. Un dirigeant ou un manager me dit que ses commerciaux ont perdu l’envie, qu’ils manquent de niaque, qu’il faut les rebooster. Puis on regarde les rendez-vous, les affaires en cours, les relances, les débriefs. Et on tombe sur autre chose : des découvertes trop faibles, des propositions parties trop tôt, des managers qui suivent les chiffres sans coacher les scènes, des dossiers qu’on laisse vivre avec des explications propres, mais fragiles.

Le manque de motivation est souvent le nom pratique d’un problème qu’on n’a pas voulu regarder de près.

C’est plus confortable de parler d’énergie que de méthode. Plus simple de dire qu’un commercial n’a plus envie que d’admettre qu’il ne sait plus très bien comment faire avancer une vente. Ou qu’il n’est presque jamais repris sur sa manière de questionner, sur son timing, sur sa façon de prendre une objection ou de faire sortir le vrai problème du client.

Bien sûr que la motivation compte. Mais dans beaucoup de PME, elle est traitée comme une cause alors qu’elle est souvent une conséquence. Un commercial qui enchaîne les rendez-vous flous, les relances faibles et les affaires qui dérapent finit par se fatiguer. Pas seulement parce qu’il doute de lui. Parce qu’il travaille dans un cadre qui ne l’aide pas à progresser. C’est exactement ce qu’on retrouve quand de bons commerciaux deviennent moyens dans un mauvais système.

Le réflexe utile n’est donc pas de demander comment remotiver l’équipe. Le vrai réflexe, c’est de regarder où elle perd sa solidité. Est-ce que les rendez-vous sont bien préparés ? Est-ce que les managers débriefent pendant que l’entretien est encore chaud ? Est-ce qu’on fait vraiment de la mise en situation ? Est-ce qu’on reprend les excuses crédibles avant qu’elles deviennent des habitudes ? Sans ça, on confond animation et progression. On fait monter un peu l’ambiance, mais on ne fait pas monter le niveau.

Je le dis souvent aux dirigeants : une équipe peut être motivée et faible. Elle peut aussi être fatiguée parce qu’elle n’est pas assez tenue, pas assez coachée, pas assez aidée à lire ce qui se joue vraiment dans les ventes. Quand un manager laisse filer des scènes mal construites, il ne protège pas la motivation. Il laisse surtout s’installer le flou. Et ce flou finit toujours par user les bonnes volontés, exactement comme quand les bonnes excuses remplacent le vrai débrief commercial.

Si vous avez le sentiment que votre équipe commerciale manque d’élan, on peut d’abord vérifier si le vrai problème vient de la motivation, du management, de la qualité des rendez-vous ou d’une manière de piloter devenue trop floue.

Demander un diagnostic commercial

Le bon manager commercial ne passe pas son temps à rebooster. Il remet du réel dans la machine. Il reprend une scène précise. Il demande ce qui a été validé, ce qui a été évité, où la vente a commencé à se ramollir, et par où il faudrait reprendre. C’est pour ça que le débrief à chaud vaut plus qu’un beau compte rendu.

La motivation aide parfois à repartir. Mais elle ne corrige ni un cadre faible, ni un management mou, ni une vente mal engagée. Et tant qu’on traite la motivation comme le problème principal, on évite souvent le seul travail qui ferait vraiment progresser l’équipe.

Vous voulez remettre du niveau sans jouer au coach motivateur ?

On peut repartir des scènes de vente, du management de proximité et des mécaniques qui fatiguent votre équipe au lieu de l’aider à progresser.

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