Quand une affaire se perd, le mot « concurrent » arrive souvent très vite. Trop vite.
Le client a demandé une proposition. Les échanges étaient cordiaux. Le commercial pensait être dans la course. Puis le dossier se ferme. On apprend qu’un autre a été retenu. Et, tout de suite, l’explication qui soulage sort en premier : le concurrent était meilleur.
Le concurrent est souvent le nom pratique de ce qu’on n’a pas assez regardé plus tôt.
Dans beaucoup de cas, le dossier s’était fragilisé bien avant son arrivée visible. Le client avait montré de l’intérêt, mais pas une priorité assez forte. Le problème était connu, mais pas relié à une conséquence concrète. Le commercial parlait avec quelqu’un d’impliqué, mais pas avec la personne qui pouvait vraiment trancher. Ou la proposition était partie trop tôt, sur la base d’un « envoyez-moi quelque chose » pris pour une avancée.
C’est la même mécanique que quand une équipe confond un rendez-vous agréable avec une vraie avancée. J’en ai parlé ici sur le fait de confondre intérêt et décision. Tant que la priorité, la décision et la prochaine étape ne sont pas solides, l’affaire peut sembler vivante tout en étant déjà fragile.
À partir de là, le concurrent devient une explication très pratique. Il protège l’ego du commercial. Il protège aussi le management d’un débrief plus exigeant. Parce que si on retire cette excuse, il faut regarder autre chose : pourquoi la proposition est-elle partie si tôt ? Pourquoi a-t-on accepté un « envoyez-moi quelque chose » comme une avancée ? Pourquoi personne n’a vraiment vérifié qui déciderait, sur quoi et à quel moment ?
Si vos affaires perdues finissent trop souvent classées en « concurrent », le sujet n’est pas le logiciel ni le tableau de suivi. C’est la qualité de lecture commerciale avant la proposition, la manière dont vous qualifiez, et le niveau d’exigence de vos débriefs.
Demander un diagnostic commercialEn débrief, il y a une question simple et dure : à quel moment exact avons-nous commencé à perdre cette vente ? Si l’équipe répond « quand le concurrent est arrivé », elle reste à la surface. Si elle peut nommer un rendez-vous trop flou, une décision non préparée, une objection traitée trop vite ou une proposition envoyée trop tôt, alors elle commence enfin à voir le vrai problème. Et c’est beaucoup plus utile pour la suite. D’ailleurs, si vous voulez éviter ce type de départ prématuré, relisez aussi la revue avant proposition.
Une équipe progresse quand elle arrête de se raconter des histoires propres. Le concurrent existe, bien sûr. Mais dans beaucoup d’affaires perdues, il n’est pas la cause profonde. Il est juste celui qui profite d’une vente déjà mal engagée.
Vous voulez des débriefs qui font vraiment progresser l’équipe ?
Si vos pertes sont trop souvent expliquées par le prix, le timing ou le concurrent, il faut reprendre les entretiens perdus plus tôt et regarder la mécanique réelle de décision. Et si vous voulez installer ce niveau d’exigence durablement, le Bootcamp peut servir d’appui.
