Une démo impressionnante n’est pas un contrat d’exploitation
Un agent généraliste peut explorer beaucoup de pistes, utiliser des outils et produire rapidement un résultat étonnant. J’utilise moi-même ce type d’agent. Mais je vois aussi les blocages, les incohérences et le temps nécessaire pour remettre de l’ordre dans son espace de travail. Vendre cette souplesse à une entreprise sans expliquer la surveillance requise revient à cacher une partie du prix réel.
Dans cette vidéo de Build in Public, je propose trois vérifications simples avant de confier une tâche métier à un prestataire. Elles s’adressent autant au dirigeant qui achète qu’à celui qui commence à vendre des solutions agentiques.
1. Que disent les clients après plusieurs semaines ?
Demandez à échanger avec des clients qui ont réellement utilisé une solution comparable. La question n’est pas seulement « l’agent a-t-il été livré ? », mais « répond-il encore au besoin, qui intervient lorsqu’il déraille et que coûte le suivi ? ». Une référence utile décrit aussi les limites rencontrées.
Vous pouvez préparer l’appel autour de trois éléments : le livrable attendu, le nombre de reprises humaines et la façon dont les incidents ont été traités. Ce sont des questions de fonctionnement, pas une demande de joli témoignage.
2. Le prestataire utilise-t-il ses propres agents ?
Je raconte dans la vidéo une discussion avec une entreprise qui voulait commercialiser des agents sans en utiliser dans sa propre activité. Ce décalage m’a fait réfléchir. L’usage interne n’est pas à lui seul un certificat de compétence, mais il expose normalement aux problèmes concrets : accès, coûts, maintenance et contrôle des résultats.
Demandez une démonstration d’un processus qu’elle exploite réellement, puis ce qu’elle a dû corriger après le lancement. Une réponse précise sur les échecs vaut souvent plus qu’une liste de fonctionnalités.
3. Quel agent pour quel périmètre ?
Un explorateur polyvalent et un agent de production cadré ne portent pas le même risque. Faites détailler les systèmes auxquels l’agent accède, les données qu’il peut modifier, l’intervention humaine prévue et l’accompagnement technique. Pour un flux sensible, la capacité à construire ou adapter un cadre sur mesure compte davantage qu’un nom de modèle.
Si ces trois points sont clairs, vous pouvez discuter du calendrier et du prix. S’ils restent flous, la question n’est pas de négocier la remise : c’est de redéfinir le besoin avant d’acheter.